Sunday, December 14, 2008

Monde Avenir Actualité - Les Vingt-Sept tournent leur regard vers Washington, Jean-Jacques Mével / 4mondeavenir.blogspot.com/

Les Vingt-Sept tournent leur regard vers Washington 

Jean-Jacques Mével

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Emmenés par Nicolas Sarkozy, les dirigeants européens se sont entendus hier sur un plan antirécession de 200 milliards d'euros.
Emmenés par Nicolas Sarkozy, les dirigeants européens se sont entendus hier sur un plan antirécession de 200 milliards d'euros. Crédits photo : AP

À l'issue de la présidence française, l'Union européenne reporte son meilleur espoir de relance vers la prochaine Administration Obama.

De l'un de nos correspondants à Bruxelles

Barack Obama n'était pas à la table des Vingt-Sept, mais ses oreilles ont dû siffler tout au long du sommet qui s'est achevé vendredi à Bruxelles. Au crépuscule d'une présidence française qui verra Sarkozy céder au nouveau patron de la Maison-Blanche le rôle d'agitateur d'idées, l'Europe reporte son meilleur espoir de relance, de l'Allemagne vers les États-Unis.

Sans vraie surprise, les dirigeants européens se sont entendus vendredi sur un plan antirécession de 200 milliards d'euros. La controverse sur la contribution allemande ainsi éteinte - au moins provisoirement - chacun des vingt-sept pays doit maintenant mettre la partition en musique, à hauteur « d'environ 1,5 % » de son PIB. Les Français grâce à l'argent public. Les Anglais par des baisses d'impôts. Les Allemands avec une insistante particulière en faveur de leurs puissantes PME.

À six semaines de l'investiture du président Obama, le texte final du sommet européen insiste davantage sur la nécessité d'une « relance concertée de l'économie mondiale » face à une crise aggravée. Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Gordon Brown, tous ont souligné vendredi que le rendez-vous crucial sera le second sommet économique du G20, le 2 avril à Londres. Ce devrait être la première grande sortie du président démocrate. « Les États-Unis et l'Europe y travailleront la main dans la main », dit le premier ministre britannique avec une nuance de soulagement. Dans le rôle du sauveteur incontournable, la première économie mondiale (américaine) se substitue à la première économie européenne (allemande).

Convergence des moyens

Le «plan de relance transatlantique», ouvertement souhaité par José Manuel Barroso, le patron de la Commission européenne, n'est sans doute pas pour demain. Mais, grâce à une nouvelle Administration américaine déjà jugée «plus réceptive», l'idée a été discutée à plusieurs reprises au sommet à Bruxelles. «Aucun chiffre n'est encore avancé, mais l'intention politique assurément est là, dit-on de source française. Elle pourrait se concrétiser avec le printemps.»

L'enveloppe avancée pour la relance Obama - jusqu'à 700 milliards de dollars - relativise l'effort de 200 milliards d'euros consacré au sommet par les Vingt-Sept. Du côté européen, on souligne davantage la convergence des moyens retenus pour soutenir l'activité et contrer la montée du chômage. À Washington comme à Bruxelles, il est essentiellement question d'investissements massifs dans les infrastructures et dans les économies d'énergie, version moderne du New Deal cher à Franklin Roosevelt.

Cette «deuxième» relance, d'envergure euro-américaine celle-là, collerait aussi plus étroitement au calendrier politique allemand. Neuf mois avant les législatives, Angela Merkel reste soucieuse de ses deniers, explique un observateur de la scène berlinoise. Au printemps prochain, à l'ouverture de la campagne électorale et face à une plausible aggravation du chômage, elle pourrait se montrer moins réticente à piocher dans le trésor fédéral. Interrogée vendredi, la chancelière n'a pas vraiment démenti : «Nous en reparlerons après janvier.»

Au bout de huit ans de malentendus avec l'Administration Bush, l'Europe offre ainsi d'étendre à la conduite de l'économie le pilotage en commun déjà proposé sur la politique étrangère et dans la lutte contre le réchauffement climatique. Une semaine après l'élection du 4 novembre, Bernard Kouchner était à Washington pour prodiguer à l'équipe Obama les conseils européens sur le Proche-Orient, l'Iran, de l'Afghanistan ou le renouveau du «multilatéralisme».

Vendredi, après l'adoption d'un ambitieux plan climat-énergie par les Vingt-Sept, Angela Merkel invitait l'Amérique à emboîter le pas d'une Europe devenue «pionnière» de la révolution verte. Le témoin se retrouvera bientôt entre les mains du 44e président des États-Unis.

http://www.lefigaro.fr

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